Son cycle de culture en bref

Le miscanthus est planté préférentiellement au printemps (mars à juin) et la plante se développe jusqu’en septembre en formant des tiges qui peuvent atteindre 4 mètres de hauteur. Selon l’utilisation qui en est faite, le miscanthus peut être récolté soit à l’automne (récolte en vert), soit à la fin de l’hiver (récolte en sec).
La durée de vie de la plantation est d’au moins 20 ans et le miscanthus est récolté chaque année.

Préparation du sol et qualité des rhizomes et plants

Le sol doit être préparé en profondeur (au moins 15 cm), pour être meuble et aéré, comme pour une culture de pommes de terre.

Le miscanthus peut être implanté de deux façons : avec les rhizomes (photo de gauche) ou avec les plants en motte (photo de droite). Dans les deux cas, la qualité de l’implant constitue une garantie de levée satisfaisante.

Ainsi, pour les rhizomes, les critères à prendre en compte sont la taille et le poids, mais aussi la vitalité, notamment à travers la présence de plusieurs yeux par rhizome, la fraîcheur et la qualité de conservation entre l’arrachage et la replantation.

Pour un plant, les critères à prendre en compte sont le développement racinaire, le nombre de tiges par plant et les conditions de transport (la motte de terreau devant rester humide).


Techniques d’implantation

A l’aide d’un matériel spécifique, les rhizomes sont plantés de mars à juin à une densité variant de 15 000 à 20 000 rhizomes/hectare selon les débouchés visés.

Les plants en motte sont installés d’avril à septembre à une densité moindre (entre 7 500 et 12 500 plants par hectare), le taux de reprise des plants étant supérieur à celui des rhizomes.

Désherbage

Du fait d’un démarrage tardif, le miscanthus subit une forte concurrence des adventices l’année de son implantation et parfois l’année suivante. Celle-ci peut avoir un impact fort sur le rendement des premières années de la culture.

Par la suite, aucun désherbage systématique n’est nécessaire : la couverture végétale de la culture et la formation d’un mulch au sol (chute des feuilles à l’automne) empêchent en grande partie la prolifération des adventices. Depuis juin 2009, le Ministère de l’Agriculture a homologué l’utilisation de plusieurs matières actives sur cette culture. Les essais réalisés à ce jour et leur poursuite vont permettre d’établir des préconisations de désherbage adaptées. Le désherbage mécanique constitue aussi une solution envisageable, des essais l’ont déjà démontré et vont être poursuivis. L’implantation en plants en motte permet un désherbage mécanique dès l’implantation, ce qui constitue un atout indéniable pour les itinéraires techniques à bas niveau d’intrants.

Fertilisation

Lorsque la plante est récoltée en sec, les feuilles sont tombées au sol et seules les tiges sont récoltées, limitant les exportations de nutriments. En effet, lors de la phase de sénescence à l’automne, une partie des éléments nutritifs ont migré vers les rhizomes pour en reconstituer les réserves. Selon les sources, les exportations annuelles de cette culture s’élèveraient aux flux suivants :

  • 50 à 80 kg d’azote par an
  • 5 à 10 kg de phosphore par an
  • 70 à 120 kg de potassium par an

La réponse de la culture à l’azote est généralement faible. Dès lors, cette culture ne nécessite aucune fertilisation récurrente dans les sols bien pourvus et qui ont un potentiel élevé de minéralisation. La fertilisation s’envisage comme une fertilisation d’entretien visant à ne pas appauvrir les sols au fil des années. Sur la base d’analyses de sols réalisées périodiquement, des apports ponctuels d’azote et de potassium pourront être envisagés en fonction des besoins.

Maladies et ravageurs

À l’heure actuelle, aucune maladie n’a été identifiée sur la culture, cependant avec le développement des surfaces en cours, la prudence et la vigilance s’imposent. Pour ce qui est des ravageurs, à l’exception du taupin dont les attaques sont destructrices (en particulier dans les parcelles à risques de type ancienne prairie ou jachère), à ce jour aucun prédateur de la plante n’a été identifié.


Récolte

Les usages actuellement faits du miscanthus conduisent à le récolter en sec, en sortie d’hiver, en février et mars en fonction des conditions climatiques. Seules les tiges du miscanthus sont alors récoltées, dès que leur taux de matière sèche dépasse 80 %. Dans certaines conditions climatiques, ce taux de matière sèche peut n’être atteint qu’au printemps. La faible densité du produit (environ 100 kg/m3 en vrac et jusqu’à 250 kg/m3 en balles haute densité) limite fortement son transport sur des distances importantes (au-delà de 40 km pour du vrac notamment).

Matériel

La récolte s’effectue avec du matériel agricole conventionnel (ensileuse équipée d’un bec maïs Kemper ou fauchage et pressage avec presse à haute densité). La taille des brins doit être adaptée au conditionnement. Pour une récolte en vrac, les brins courts seront plus adaptés alors qu’une mise en balles nécessite des brins plus long (100 mm au minimum).

Télécharger la plaquette France Miscanthus pour plus d’informations.