Qu’est-ce qu’un GIEE ?

Un GIEE est un Groupement d’Intérêt Economique et Environnemental, plus précisément ce sont des agriculteurs reconnus par l’Etat qui s’engagent sur plusieurs années à modifier leurs pratiques culturales. Des objectifs économiques, sociaux et environnementaux sont élaborés s’inscrivant dans le Développement Durable.
Ces groupes vont créer des partenariats avec les entités territoriales (Chambres d’Agriculture, Agences de l’Eau, Collectivités Territoriales) ainsi qu’avec les acteurs de leur propre filière pour créer une synergie et un engagement durable dans des pratiques soutenables, avec à l’appui les résultats de chacun.
Pourquoi créer des GIEE ? Combien y-en-a-t-il en France ?
Les GIEE ont été mis en place en 2014 pour améliorer les performances de l’agriculture française au sens large. Les principes de leur création sont :
- Le groupement cohérent d’exploitations sur un territoire donné,
- L’apport de réponses aux enjeux agricoles régionaux cohérentes avec les projets de développement territoriaux,
- La proposition d’un plan d’action agro-écologique (favoriser les innovations, l’expérimentation de nouvelles techniques de traitement, une nouvelle organisation culturale …),
- La planification des résultats, leur thématique, leur portée territoriale et leur valeur d’exemple significatif.
C’est via des appels à projets régionaux que les GIEE vont se constituer avec un plan pour solutionner la demande émise.
Ils bénéficient d’un cadre législatif adapté et reçoivent des financements européens (Fonds Européen de Développement Régional), d’organismes publics (ADEME, Agences de l’Eau) ou encore de l’Etat.

Il y a au total plus de 400 GIEE en France et ils ont des critères précis à respecter pour être reconnus en tant que tels :
– Des objectifs de performance économique, environnementale et sociale,
– L’apport de plus-value collective et territoriale en adéquation avec les techniques prévues,
– Une exemplarité tant dans la pérennité du projet que pour ses innovations et sa reproductibilité future,
– Un cadre d’étude et de suivi des agriculteurs
Source : Ministère de l’Agriculture, Alim’agri, « Etat des lieux des GIEE en 2018 »
Et le miscanthus dans tout ça ?

La culture du Miscanthus fait l’objet d’un GIEE en Seine Maritime depuis 2015 porté par Terre Eau Énergie 76.
Le but du GIEE constitué de 10 agriculteurs est de « créer une dynamique de protection de la ressource en eau tout en préservant le revenu des exploitants (…), permettant une production de biomasse commercialisable ».
La principale thématique est le « développement d’aménagements d’hydraulique douce triple performance« , à savoir : érosion, énergie et économie. Pour se faire, le miscanthus sera cultivé en BLC (Bande LignoCellulosique) sur des bassins versants en Zones Soumises à Contraintes Environnementales (ZSCE).

Les contributions du GIEE en question sont de :
- Restaurer la qualité de l’eau et réduire l’érosion des sols,
- Organiser une filière de valorisation de la biomasse engendrée (débouché énergétique),
- Générer des emplois et mettre en relation différents métiers autour d’objectifs communs
Grâce à ce projet, non seulement les agriculteurs valorisent leurs aménagements tout en restaurant la qualité de son sol mais il y a aussi un gain économique et énergétique puisque l’utilisation du produit final en combustible permet de faire baisser les émissions de CO2, tout en dynamisant localement le secteur. En effet, le miscanthus récolté est utilisé dans 200 chaufferies en Normandie (Biocombustible SAS) et dans la chaufferie du Havre.
Toutes les informations sur : http://www.giee.fr/trouver-un-giee/par-region/normandie/developpement-des-cultures-energetiques-en-bandes/
https://agriculture.gouv.fr/plus-de-400-giee-qui-sengagent-dans-lagro-ecologie
https://agriculture.gouv.fr/les-groupements-dinteret-economique-et-environnemental-giee

En 2005, la direction de DeshyOuest souhaite améliorer le bilan environnemental de la coopérative. La déshydratation, essentielle dans l’activité de la coopérative consommait en effet une quantité importante de charbon. Il est alors question d’installer un four à biomasse et des panneaux photovoltaïques. 
Culture peu gourmande en intrants et alimentation saine pour les élevages, la luzerne a sa place dans le développement durable. La coopérative se préoccupe donc naturellement des questions environnementales depuis sa création. Ce n’est ainsi pas un hasard si elle souhaité faire sa transition énergétique au début des années 2000. Il s’agissait en effet d’améliorer son bilan écologique en agissant sur tous les fronts. La coopérative entend bien poursuivre ses efforts à l’avenir et maitriser autant que possible son impact environnemental.

Dans cette perspective, la coopérative cherche aussi à diversifier sa production. Elle développe ainsi un produit asséchant pour élevages à base de miscanthus. En utilisant ses sécheurs, DeshyOuest déshydrate entièrement le miscanthus sous forme de farine. Le haut pouvoir absorbant de la plante en fait un produit efficace et largement recommandé par les adhérents.
Cet asséchant écologique et local combine en effet de nombreuses qualités : il assainit les logettes et empêche le développement de microbes. De plus, il ne forme pas de croûte sur le lisier et son Ph neutre est plus doux pour les animaux. Pour en savoir plus,