La destruction du Miscanthus x giganteus, une opération à succès ?

Que faire d’une parcelle de miscanthus mal implantée, non valorisée ou simplement plus souhaitée ?

C’est la question à laquelle Guillaume Leriche, président de l’entreprise Rhizosfer, adhérente de France Miscanthus, a dû se confronter il y a quelques années face à son envie de remettre en cultures annuelles ses parcelles alors occupées par du miscanthus.

Face à la pérennité du Miscanthus x giganteus et à sa forte végétation, la question de sa destruction est primordiale. On sait déjà que sa non-invasivité de par sa stérilité lui empêche de s’étendre en dehors d’une parcelle déterminée : mais quid de sa destruction dans une parcelle cultivée ?

D’abord, quelques rappels sur la plante :

Le miscanthus, plante pérenne rhizomateuse, a une durée de vie comprise entre 25 et 30 ans. Récoltées tous les ans en fin d’hiver-début de printemps, elle développe sa partie aérienne grâce à son rhizome et aux réserves nutritives accumulées. Tous les ans, avant la récolte, les nutriments présents dans les tiges et dans les feuilles redescendent dans le rhizome, au moment de la phase de senescence provoqué par l’apparition du froid, provoquant la chute des feuilles séchées au sol formant un mulch, puis l’assèchement des tiges, qui seront, elles, récoltées. Les réserves accumulées dans le rhizome serviront l’année suivante pour un nouveau cycle de croissance.

En effet de nouvelles tiges émergent vers le courant du mois d’avril, en utilisant les réserves du rhizome, jusqu’à atteindre leur taille définitive vers juin, en ayant épuiser les réserves du rhizome.

Le rhizome ne dépasse guère les 30 cm de profondeur et les 1 mètre de diamètre, formant une large galette compacte, mais facilement brisable : il s’agît d’un enchevêtrement de rhizomes facile à détruire.

C’est peu apres la repousse que le rhizome est le plus faible nutritivement, et donc à laquelle une destruction sera efficace : le rhizome ne dispose plus assez de nutriment en juin pour résister à une destruction. C’est aussi pendant l’été que suite au retournement des rhizomes ils seront le plus sujet à dessèchement par le soleil et le vent.

C’est en se basant sur ce cycle végétatif qu’un itinéraire de destruction a été mis en place par le RMT Biomasse et territoire.

Un exemple de destruction de parcelle et de remise en culture

Guillaume Leriche a procédé par 2 fois à une destruction de parcelles de miscanthus, puis à une remise en culture. En 2012, il détruit 1,5 ha de miscanthus, et en 2016, ce sont 8 ha qui sont replantés en luzerne.  

L’opération de destruction est facile : après la dernière récolte, et après avoir laissé le miscanthus repousser pour épuiser les réserves du rhizome, les feuilles sont broyées. Parallèlement, une déchaumeuse à disque va couper et mettre à nu les rhizomes. Ceux-ci vont rapidement sécher lorsqu’ils sont à l’air libre, au contact du soleil et du vent. La parcelle de M. Leriche est composée de sols souples et légers, la déchaumeuse à disque est alors suffisante. Dans le cas contraire, il est préférable d’utiliser un rotavator. Pour bien lacérer les rhizomes, l’agriculteur est passé de nouveau pour effectuer une lacération croisée.

En fonction des conditions pédoclimatiques, l’opération peut être plus ou moins aisée. Le sol doit être assez sec pour entrainer la mort des rhizomes, mais résulte alors un travail mécanique important pour les machines.

Les quelques repoussent sont freinées par la culture suivante : M. Leriche a par exemple planté de la luzerne, qui, grâce à la qualité de la structure des sols après plusieurs années de miscanthus, n’a pas eu de mal à s’installer. Il insiste cependant sur un point : avant une remise en culture, il faut tout de même ré-apporter des nutriments au sol (notamment du phosphore). Les rhizomes morts et secs, déjà appauvris lors du printemps, se dégradent très lentement, et ne relarguent donc pas d’éléments minéraux. S’il n’y a pas d’apport après la destruction, cela peut avoir des causes sur le rendement de la culture suivante.

Sans objectif de rendement cette fois, il est aussi tout à fait possible de mettre en prairie une ancienne culture de miscanthus après sa destruction.

Une destruction en adéquation avec la conduite du miscanthus

Un des avantages du miscanthus est d’être une plante qui ne nécessite ni apport d’engrais, ni pesticides. Cela lui permet d’être implanté dans des zones à forte contrainte environnementale. Dans la continuité de cette conduite, sa destruction ne nécessite pas forcement de produits phytosanitaires ! Même, une application de glyphosate au printemps ne serait pas aussi efficace pour la destruction du rhizome.

Aujourd’hui, les parcelles réimplantées de M. Leriche se comportent tout à fait convenablement et du blé sera cultivé cette année.

Retrouvez les fiches de RMT biomasses sur la mise en culture, la destruction, et la non invasivité du miscanthus dans l’onglet Ressources.

Miscanthus, une opportunité agricole locale en perspective

Ce Lundi 24 Juin, France Miscanthus était invitée à présenter la filière du miscanthus en France devant une salle comble à la Maison des Agriculteurs d’Amiens ; colloque organisé par Mr BULLY, DUBOIS et DECERF.

Dans le cadre du colloque organisé par la FDSEA de la Somme, l’INRA, Novabiom, la Chambre d’Agriculture et France Miscanthus étaient réunis afin d’informer les acteurs locaux présents de tous les aspects agronomiques, économiques et réglementaires de la culture du miscanthus.

Nombreux ont été les échanges avec les cinquante participants, tant sur des questions réglementaires qu’agronomiques.
France Miscanthus a rassuré les agriculteurs sur les débouches économiques de la production du miscanthus et sur l’accompagnement et le suivi qui est assuré par la Chambre d’Agriculture mais aussi par Novabiom en tant qu’entreprise qui fournit et plante rhizomes

Ce dialogue a permis de faire émerger de nouvelles pistes de démarches à effectuer pour France Miscanthus mais aussi de mettre en lumière des programmes de recherches comme celui de l’Université de Picardie en partenariat avec la DREAL et le CNRS concernant la chaux à base de miscanthus dont les résultats semblent être probants.
La recherche autour du miscanthus également avec le programme Biomass For Future est un atout majeur pour la légitimé de la filière et l’intérêt porté par les scientifiques et les industriels sur cette culture.

Ce colloque a permis de rassurer les potentiels planteurs de miscanthus et les collectivités locales. Cette rencontre ayant pour but de fédérer tous les acteurs afin de développer localement une activité économique stable, pérenne avec tous les bénéfices environnementaux et écologiques qui lui sont connus.

Retrouvez les articles publiés dans les médias locaux France Bleu Picardie et L’action Agricole Picarde sur https://www.facebook.com/FMiscanthus/ et dans notre Revue de Presse !

Une litière pour les animaux de compagnie

Animaux de compagnie miscanthus

Utilisée depuis longtemps par les éleveurs bovins et avicoles, la litière de miscanthus convient aussi pour vos animaux de compagnie. Le SNVEL (syndicat des vétérinaires libéraux) a mis notre litière à l’épreuve et résultat : 100 % naturelle, compostable et efficace, la litière miscanthus a conquis le jury. 

Une démonstration grandeur nature a été réalisée dans la Ferme Pédagogique du Salon de l’Agriculture animée du 23 février au 3 mars 2019 par le SNVEL (Pavillon 4) et devrait se renouveler pour 2020 !

Une litière saine et efficace

Une litière saine et adaptée à vos animaux

miscanthus

Les vétérinaires le disent : le miscanthus est une matière première idéale pour la litière car c’est un produit 100 % naturel. La litière est d’autant plus saine que le miscanthus est une plante pérenne qui se cultive sans fertilisant ou produit phytosanitaire. Il n’y a donc pas de résidu chimique.

Le miscanthus est récolté sous forme de matière sèche lorsque les tiges sont suffisamment sèches (< 15 % d’humidité). Il est ensuite vendu en copeaux, granulés (100 % naturels) ou en miettes.
A chaque animal convient un type de litière : le miscanthus s’adapte en fonction de leurs préférences ! Ainsi, le SNVEL recommande particulièrement des copeaux pour les volailles et des granulés pour les chats par exemple.

Pour préserver la santé de votre petit compagnon, choisir une litière sans appétence est essentiel. Le miscanthus n’est pas ingéré par les animaux et ne pose donc pas de problème. Veillez toutefois à ce que votre animal ne s’y méprenne pas, même si cela n’arrive pas souvent (en particulier pour les lapins et petits rongeurs).

Absorption optimale et sur la durée

spongieux miscanthusGrace à son cœur spongieux et son taux de matière sèche élevé, le miscanthus est un matériau idéal pour la litière.

En copeau, il absorbe jusqu’à 4 fois son poids et est encore plus absorbant en granulé. A la différence d’autres litières (bois, paille..) le miscanthus reste sec et absorbe sur toute la durée d’utilisation (il ne pourrit pas). Ainsi, il n’y a pas de problème d’odeur et de formation d’ammoniac et il peut être réutilisé !

Simple à utiliser

Puisqu’il reste sec, le miscanthus ne colle pas aux bacs ou cages de vos animaux de compagnie. Ces derniers sont donc plus simples à nettoyer et cela vous fera gagner du temps. La litière de miscanthus peut être vendue en vrac ou en sac de taille diverses selon vos besoins, et approvisionnements. D’autant que lorsque la couche de surface est mouillée, il suffit de mélanger avec les couches inférieures pour répartir l’humidité et partir sur un nouveau cycle d’utilisation.

Pour en savoir plus sur le mode d’emploi, c’est ici.

Une litière écologique

La litière est 100 % compostable

compost miscanthusLe miscanthus est naturel, il est donc entièrement biodégradable. Son PH neutre fait de lui un bon produit pour votre compost. De plus, cela facilite l’entretien de la litière : rien ne se jette, rien ne se perd, tout se transforme !

Le miscanthus est par ailleurs beaucoup utilisé en paillage horticole. Pour en savoir plus, c’est par ici.

Le miscanthus, une litière pour plusieurs animaux

En général, 1/3  de la production de miscanthus est déjà utilisé en litière animale dans le secteur de l’élevage (ovin, bovin) ou de l’équitation; avec des aspects sanitaires et financiers reconnus (par ici).
La parution de l’étude du SNVEL appuie donc son utilisation à un autre niveau : celui des animaux de compagnie.

L’avis et les recommandations du SNVEL

De nombreux atouts

snvel miscanthus

Une litière adaptée à votre animal est essentielle pour garantir son hygiène, son confort et sa santé. Le miscanthus présente de nombreux à cet égard. C’est une litière biologique donc non traitée, ce qui est bon pour les animaux. De plus, elle limite les odeurs et est facile à entretenir car les bacs des animaux restent propres.

Bien choisir sa litière

Il est important de choisir une litière qui convienne à la taille et aux préférences de vos animaux. Il est important d’observer le comportement de vos animaux lors des premiers jours d’utilisation.

  • Veillez à ce qu’ils puissent se déplacer sur leur litière ou dans leurs cages sans encombre et adapter en fonction le type de litière de miscanthus.
  • Vérifiez que votre animal utilise sa litière. Après quelques jours d’utilisation, on constate la formation de « petites galettes » qui montrent facilement si c’est le cas.
  • Veillez à ce que votre animal ne s’alimente pas avec le miscanthus, car même si ce n’est pas un produit toxique, ce n’est pas fait pour cet usage.

Les essais menés dans plusieurs cliniques vétérinaires montrent qu’elle est très bien acceptée par les chats (granulés) et les volailles (poules, rapaces, perroquets etc).

Tableau d'utilisation selon les animaux

Attention toutefois à bien choisir du miscanthus dépoussiéré.

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En savoir plus sur la litière miscanthus ? Téléchargez notre brochure SNVEL :

 

Le miscanthus dans les projets de GIEE

Qu’est-ce qu’un GIEE ?

Logo GIEE

Un GIEE est un Groupement d’Intérêt Economique et Environnemental, plus précisément ce sont des agriculteurs reconnus par l’Etat qui s’engagent sur plusieurs années à modifier leurs pratiques culturales. Des objectifs économiques, sociaux et environnementaux sont élaborés s’inscrivant dans le Développement Durable.

Ces groupes vont créer des partenariats avec les entités territoriales (Chambres d’Agriculture, Agences de l’Eau, Collectivités Territoriales) ainsi qu’avec les acteurs de leur propre filière pour créer une synergie et un engagement durable dans des pratiques soutenables, avec à l’appui les résultats de chacun.

Pourquoi créer des GIEE ? Combien y-en-a-t-il en France ?

Les GIEE ont été mis en place en 2014 pour améliorer les performances de l’agriculture française au sens large. Les principes de leur création sont :

  • Le groupement cohérent d’exploitations sur un territoire donné,
  • L’apport de réponses aux enjeux agricoles régionaux cohérentes avec les projets de développement territoriaux,
  • La proposition d’un plan d’action agro-écologique (favoriser les innovations, l’expérimentation de nouvelles techniques de traitement, une nouvelle organisation culturale …),
  • La planification des résultats, leur thématique, leur portée territoriale et leur valeur d’exemple significatif.

C’est via des appels à projets régionaux que les GIEE vont se constituer avec un plan pour solutionner la demande émise.
Ils bénéficient d’un cadre législatif adapté et reçoivent des financements européens (Fonds Européen de Développement Régional), d’organismes publics (ADEME, Agences de l’Eau) ou encore de l’Etat.

Recensement du nombre de GIEE en 2018

Il y a au total plus de 400 GIEE en France et ils ont des critères précis à respecter pour être reconnus en tant que tels :

– Des objectifs de performance économique, environnementale et sociale,
– L’apport de plus-value collective et territoriale en adéquation avec les techniques prévues,
– Une exemplarité tant dans la pérennité du projet que pour ses innovations et sa reproductibilité future,
– Un cadre d’étude et de suivi des agriculteurs

Source : Ministère de l’Agriculture, Alim’agri, « Etat des lieux des GIEE en 2018 »


Et le miscanthus dans tout ça ?

Logo Terre Eau Energie 76

La culture du Miscanthus fait l’objet d’un GIEE en Seine Maritime depuis 2015 porté par Terre Eau Énergie 76.

Le but du GIEE constitué de 10 agriculteurs est de « créer une dynamique de protection de la ressource en eau tout en préservant le revenu des exploitants (…), permettant une production de biomasse commercialisable ».

La principale thématique est le « développement d’aménagements d’hydraulique douce triple performance« , à savoir : érosion, énergie et économie. Pour se faire, le miscanthus sera cultivé en BLC (Bande LignoCellulosique) sur des bassins versants en Zones Soumises à Contraintes Environnementales (ZSCE).

Bande de miscanthus

Les contributions du GIEE en question sont de :

Grâce à ce projet, non seulement les agriculteurs valorisent leurs aménagements tout en restaurant la qualité de son sol mais il y a aussi un gain économique et énergétique puisque l’utilisation du produit final en combustible permet de faire baisser les émissions de CO2, tout en dynamisant localement le secteur. En effet, le miscanthus récolté est utilisé dans 200 chaufferies en Normandie (Biocombustible SAS) et dans la chaufferie du Havre.

Toutes les informations sur : http://www.giee.fr/trouver-un-giee/par-region/normandie/developpement-des-cultures-energetiques-en-bandes/
https://agriculture.gouv.fr/plus-de-400-giee-qui-sengagent-dans-lagro-ecologie
https://agriculture.gouv.fr/les-groupements-dinteret-economique-et-environnemental-giee

Projet GRACE : plantation de miscanthus sur des terres marginales à Carrières-sous-Poissy

Au coeur de la révolution environnementale menée par l’Europe ces dernières années et avec la future PAC 2021-2027, le projet GRACE (2017-2022) s’inscrit dans les programmes OPTIMSC et MultiHemp concernant la démarche commune de restauration des sols gérée par le CORDIS (Service d’Information Communautaire sur la Recherche et le Développement).

C’est dans le cadre de l’application de GRACE que France Miscanthus a participé Jeudi 02 Mai 2019 à la plantation d’une parcelle de Miscanthus X Giganteus en Ile-de-France sur des terres polluées avec l’entreprise Novabiom.

Les ambitions du Projet GRACE

Le projet Growing Advanced Industrial Crops on Margnial Lands for Biorefineries (GRACE) comprend une branche de recherche génétique afin d’améliorer les caractéristiques du miscanthus vis-à-vis de situations hostiles comme le stress hydrique ou la salinité des sols.
Le travail sur parcelles d’essai est complet et l’application des 15 nouveaux génomes a maintenant lieu sur des terres marginales (polluées).

Plusieurs sites européens considérés comme marginaux à cause de la pollution présente dans les sols vont donc accueillir des cultures de miscanthus pour valider ses capacités de maintien des polluants et de rhizofiltration.
Carrières-sous-Poissy a été retenu pour son histoire puisque pendant plusieurs décennies les eaux usées (mélangées avec les eaux de pluies) de la ville de Paris ont été épandues sur ces terres, le résultat étant la présence de taux anormalement élevés de zinc, de plomb et d’ammoniac dans ces dernières. Deux autres parcelles du site avaient déjà été plantées en tant que « parcelle témoin de tous les génotypes » et parcelle d’essai de plantation.

Les objectifs du projet sont :

  • L’amélioration de la production végétale de génotypes de miscanthus adaptés à l’utilisation finale
  • L’adéquation aux terres marginales, contaminées et non utilisées
  • La démonstration de la montée en gamme des chaines de valorisation de la biomasse selon les génotypes les plus adaptés

Le but est bien de démontrer les fortes capacités de résilience de la plante dans des conditions de culture difficiles (non autorisées pour les cultures alimentaires) et d’en valoriser la biomasse et le développement de la filière. Et ainsi, disposer à la fin de « cultivars commerciaux » adaptés aux terres marginales avec la preuve d’une faisabilité sans risque pour l’ensemble de la valorisation en aval.

Les perspectives territoriales du Miscanthus

Avec sa reconnaissance comme culture éligible aux Surfaces d’Intérêt Ecologique, la notoriété du miscanthus gagne plus facilement les acteurs nationaux et les projets territoriaux. Ses avantages techniques en font un véritable concurrent du chanvre, d’autant plus que l’on recense une augmentation de la surface de miscanthus de l’ordre de 10 à 15% par an.

La culture du miscanthus s’inscrit dans une constante hausse de performance dans ses débouchés, relevant tant de son profil biologique qu’économique. Les projets comme GRACE, NEW C LAND ou MAGIC portés par des entreprises françaises comme Novabiom (spécialiste en biomasse végétale) ou Addiplast (matériaux composites) donnent une portée plus large à l’image de la filière et surtout montre le fait qu’elle soit structurée.

En résumé, dans le cadre de GRACE, la finalité est de connaitre les génotypes résistants ou adaptés à certaines conditions géologiques afin d’en assurer leur production et ce pour un meilleur rendement de biomasse et une meilleure action biologique de la plante sur le sol.

Revue de presse 2018

Retrouvez ci-dessous la compilation des articles traitant du Miscanthus parus dans les médias en 2018

Du miscanthus aux Forums des Opportunités

forum installation miscanthus

Les Forums des Opportunités de la Marne et des Ardennes sont l’occasion de présenter le miscanthus aux agriculteurs porteurs de nouveaux projets. Retour sur ces moments de partage.

Luzéal : Histoire d’une diversification écologique

miscanthus luzéal
luzerne
Premier pôle de déshydratation de fourrage en France, Luzéal est une coopérative de Champagne-Ardenne qui a fait de la luzerne son cœur de métier. Il y a 10 ans, la coopérative a misé sur le miscanthus pour diversifier ses activités. Aujourd’hui, Luzéal compte près de 500 ha et 80 exploitants de miscanthus. Plus résiliente, plus verte et plus innovante, la coopérative semble avoir gagné son pari. Yves Koch, responsable du pôle Biomasse et Énergie de la coopérative nous livre les secrets de cette diversification réussie.

Naissance du projet miscanthus

Un besoin de diversification

usine Luzéal
Soutenue par la PAC, la déshydratation de Luzerne a battu son plein entre les années 70s à 2000. Il fallait alors assurer à l’Europe une certaine indépendance alimentaire en protéine végétale pour ses élevages.  La décennie suivante fut moins prometteuse pour la filière luzerne déshydratée qui a du se restructurer dans le cadre  de la réforme de la politique agricole commune. C’est dans ce contexte qu’Alfaluz et Euroluz, réunies en 2009 sous le nom de Luzéal, ont cherché à se diversifier pour gagner en compétitivité. Une demande de diversification était également portée par les producteurs adhérents sujets à une baisse des cours des matières premières. Dans le même temps, le Grenelle de l’Environnement (2007) avec la perspective de taxation carbone incitaient les entreprises à opter pour des pratiques plus écologiques.

Une solution pérenne : le miscanthus

A la fin des années 2000, Luzéal développe ainsi de nouvelles activités et entreprend sa transition énergétique. Elle se tourne par exemple vers la production de granulés de bois pour les particuliers et la déshydratation du marc de raisin, un co-produit viticole abondant dans la région champenoise. Elle parvient en parallèle à réduire sa consommation énergétique grâce au préfanage. Cette technique consiste à laisser les fourrages se déshydrater naturellement dans les champs avant le passage dans les fours. Pour aller plus loin et répondre du même coup à ces deux objectifs, la coopérative décide de produire des biocombustibles pour ces fours. D’abord intéressée par le bois (plaquettes forestières, TTCR…) elle se tourne aussi depuis une dizaine d’années vers le miscanthus. Cette matière première énergétique a en effet une valeur ajoutée pour la coopérative et ses adhérents. Les 80 adhérents qui l’exploitent ont diversifié leurs revenus et mis en valeurs leurs terres en jachère. D’autre part, le pouvoir calorifique du miscanthus est intéressant (1 ha de miscanthus produit la même énergie que 7500 litres de fioul). C’est enfin son aspect écologique qui a séduit Luzéal : cette culture autonome est très économe en intrants. Passer de combustibles fossiles au bois, puis du bois au miscanthus a nécessité une adaptation des installations de Luzéal. La coopérative a ainsi déployer sur ses lignes de séchage un système innovant de co-combustion : l’injecteur de biomasse.

Vers une plus large valorisation du miscanthus

Luzéal développe depuis quelques années les autres débouchés du miscanthus  à travers sa filiale Agromi. Il est alors vendu aux particuliers, collectivités et agriculteurs comme paillage horticole et litière animale. Cette diversification s’explique par une volonté de mieux valoriser la plante (d’un point du vue écologique et économique). En effet, s’il n’est pas brûlé, le miscanthus capture durablement le CO2. Misceal miscanthus paillage Aujourd’hui, ces débouchés représentent 15% de la récolte, il y a donc une marge de développement prometteuse pour la filière. D’autant plus prometteuse que les produits ont du succès. Des vignobles de la région ont ainsi opté pour le paillage miscanthus pour protéger leurs cultures en suivant l’exemple des adhérents de Luzéal. De même,de part et d’autre de la frontière belge, des éleveurs avicoles vantent les mérites de la litière de la coopérative. Cette litière associe miscanthus et bois dans un même granulé écrasé. Combinées aux sols bétonnés qui maintiennent une inertie thermique, les propriétés absorbantes du miscanthus font faire des économies significatives aux éleveurs. De fait, seul 1,2 à 1.5 kg/m² de litière miscanthus sont nécessaires pour assurer un confort aux animaux.

Un producteur innovant

Luzéal cherche aussi à développer des produits innovants et écologiques à base de miscanthus. Ainsi, sa  filiale Agromi produira bientôt L’Alfamis, un amendement 100 % végétal à base de miscanthus et de luzerne. Cet amendement sous forme de granulés cumule donc les avantages du miscanthus, riche en carbone et en lignine et de la luzerne, riche en protéine et nutriments. Plus encore, L’Alfamis est un levier pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il offre en effet une alternative aux amendements organo-minéraux produits par des énergies fossiles. C’est également un amendement de proximité pour les exploitations de la région.  

Deshyouest ne manque pas d’énergie verte

deshyouest miscanthus
DéshyOuest est une coopérative de déshydratation au coeur de l’élevage (Ille-et-Vilaine et Mayenne). Au début des années 2000, la coopérative cherche à améliorer ses performances environnementales. Elle se tourne ainsi vers la production et l’utilisation du miscanthus pour alimenter ses fours. Retour avec Samuel Maignan, directeur de DeshyOuest,  sur la réussite de ce projet aujourd’hui pleinement intégré à l’ADN de la coopérative.

Le miscanthus, levier de la transition énergétique

Une alternative au charbon

biomasse miscanthusEn 2005, la direction de DeshyOuest souhaite améliorer le bilan environnemental de la coopérative. La déshydratation, essentielle dans l’activité de la coopérative consommait en effet une quantité importante de charbon. Il est alors question d’installer un four à biomasse et des panneaux photovoltaïques. 

miscanthus volcan four

Dans cette perspective, la coopérative se lance dans la culture de miscanthus, une biomasse efficace et particulièrement écologique. De fait, on estime qu’un hectare de miscanthus produit la même énergie que 7500 litres de fioul. Pour brûler le miscanthus, DeshyOuest utilise un foyer volcan. Aujourd’hui, les quatre sécheurs de Deshyouest sont alimentés par 75% d’énergies renouvelables.

Une coopérative engagée dans la transition écologique

four miscanthus Culture peu gourmande en intrants et alimentation saine pour les élevages, la luzerne a sa place dans le développement durable. La coopérative se préoccupe donc naturellement des questions environnementales depuis sa création. Ce n’est ainsi pas un hasard si elle souhaité faire sa transition énergétique au début des années 2000. Il s’agissait en effet d’améliorer son bilan écologique en agissant sur tous les fronts. La coopérative entend bien poursuivre ses efforts à l’avenir et maitriser autant que possible son impact environnemental.

Une solution collective et dans l’économie circulaire

champ miscanthus

Regroupant plus de 1 600 adhérents actifs, la coopérative a les moyens de produire sa propre biomasse. Ainsi, elle consacre près de 800 ha de parcelles pour cultiver le miscanthus. Cultivateurs comme éleveurs y ont trouvé leur compte : le miscanthus est une culture autonome ne nécessitant pas d’intrant et donc peu d’entretien. Beaucoup d’entre eux ont profité de l’occasion pour valoriser des terres à moins bon rendement ou éloignées. L’objectif de la coopérative était également de s’inscrire dans l’économie circulaire. En effet, beaucoup d’adhérents producteurs de miscanthus utilisent la plante pour leurs élevages. Une fois encore, ce sont les échanges en circuits courts qui sont privilégiés dans le filon de l’herbe à éléphant.

Une solution qui satisfait toujours plus

Des adhérents conquis

Bien accueillie, la solution miscanthus de DéshyOuest a peu à peu fait ses preuves auprès des agriculteurs. La Mayenne et l’Ille-et-Vilaine sont deux régions où la pression foncière est forte au dépend du miscanthus : les parcelles sont convoitées pour produire du fourrage et épandre le fumier. L’herbe à éléphant a pourtant su s’imposer dans la région et convaincre les exploitants aujourd’hui majoritairement conquis. En effet, si d’une part elle est de mieux en mieux connue et reconnue, elle a aussi bénéficié d’un accroissement des surfaces foncières ces dernières années

Une demande encourageante pour le miscanthus

Après une dizaine d’année d’exploitation, la filière miscanthus se pérennise. Qu’il s’agisse des pratiques culturales, de l’utilisation ou des couts, la coopérative maîtrise aujourd’hui son filon. Samuel Maignan est ainsi confiant sur la compétitivité de la plante face aux autres biomasses dont le prix est à la hausse. Il remarque notamment que l’approvisionnement en bois est plus difficile aujourd’hui  à cause de la demande croissante dans d’autres secteurs.  Une opportunité encourageante pour le miscanthus. asséchant miscanthus Dans cette perspective, la coopérative cherche aussi à diversifier sa production. Elle développe ainsi un produit asséchant pour élevages à base de miscanthus. En utilisant ses sécheurs, DeshyOuest déshydrate entièrement le miscanthus sous forme de farine. Le haut pouvoir absorbant de la plante en fait un produit efficace et largement recommandé par les adhérents. Cet asséchant écologique et local combine en effet de nombreuses qualités : il assainit les logettes et empêche le développement de microbes. De plus, il ne forme pas de croûte sur le lisier et son Ph neutre est plus doux pour les animaux. Pour en savoir plus, une fiche technique est disponible sur le site de la coopérative.

Du miscanthus à la Foire de Chalons

stand miscanthus Chalons

France Miscanthus a fait sa rentrée à la Foire de Chalons, un rendez-vous annuel incontournable du monde agricole. Nous avons eu le plaisir d’échanger avec vous et de constater que vous aviez votre mot à dire sur le miscanthus. Il aurait été dommage de ne pas partager ces échanges avec nos internautes ! Nous avons donc souhaité faire le point sur ce qu’on a appris et sur ce qu’on vous a appris sur le miscanthus.

Le top 4 des questions/réponses sur le miscanthus

Particuliers curieux, exploitants hésitants ou connaisseurs, vous aviez beaucoup de questions à nous poser sur la culture, l’implantation ou les usages du miscanthus. Pour ceux qui n’ont pas pu se déplacer, voici les questions qui nous ont été le plus posées :

Q1 : A quoi sert le miscanthus ?

débouché miscanthus
                                 Les trois débouchés principaux : litières, paillage horticole et combustible pour chauffage

Aujourd’hui, on utilise la plante pour trois principales raisons :

  • En tant que biocombustible pour produire de  l’énergie renouvelable : le miscanthus permet de réduire les émissions nettes de CO2.
  • Pour du paillage horticole contre les mauvaises herbes, le gel et les grandes chaleur, du fait de capacité d’absorption importante de la plante (trois fois plus que la paille).
  • Enfin, pour des litières animales car le miscanthus, en plus d’être très absorbant, est sain pour les animaux (capture les poussières, diminue l’ammoniac, doux pour les pattes).

Par ailleurs, la culture du miscanthus présente un intérêt écologique en elle même. Ainsi, les champs de miscanthus sont de bons refuges de biodiversité ( ce qui en fait également une culture à gibier appréciée). De plus, ils forment une barrière contre l‘érosion éolienne et favorisent l‘infiltration et le filtrage de l’eau.

Q2 : Où puis-je trouver du miscanthus ?

distribution miscanthus

Les points de vente du miscanthus ne sont pas répartis uniformément en France. Vous trouverez ainsi du miscanthus dans mes chaines de jardineries en fonction de la politiques de vente de celles-ci. Il faudra donc vous renseigner dans les magasins proches de chez vous. Vous pouvez également poser votre demande sur le site (formulaire de contact) et nous vous répondrons. Tout dépend de vos besoins de conditionnement et des quantités voulues.

Q3 : Comment se cultive le miscanthus ?

rhizome de miscanthus
rhizome de miscanthus

Le miscanthus x giganteus est une plante rhizomateuse pérenne et non invasive. Elle se plante au printemps (mars-avril) sur des terres type maïs  à une profondeur d’au moins 15 cm. Une planteuse spécifique est alors nécessaire. Si un désherbage est de mise la première année, le miscanthus est ensuite entièrement autonome car la formation d’un mulch de feuilles au sol tombé lors de la senescence. Ce mulch empêche la prolifération des mauvaises herbes . De plus, lorsque la plante est récoltée en sec à la sortie de l’hiver, les nutriments ont migré vers les rhizomes : la plante n’a donc pas besoin de fertilisants pour la repousse de l’année suivante. La récolte s’effectue avec une ensileuse à maïs classique. Pour en savoir plus sur la culture, retrouvez notre itinéraire technique.

Q4: Quel investissement et quels rendements pour la culture du miscanthus ?

Un exploitant professionnel de miscanthus doit investir entre 2500 et 3000 € / Ha, implantation incluse. Après un an, le miscanthus ne nécessite ni produit phytosanitaire, ni fertilisation systématique, donc peu d’investissement. Par ailleurs, la plante a une durée de vie d’environ 20 ans.

Les rendements de la culture croissent les quatre premières années avant d’atteindre la maturité. Le rendement attendu est alors compris entre 10t/Ha et 25t/ha de matière sèche selon les caractéristiques pédoclimatiques de la parcelle.

Des solutions écologiques innovantes qui intéressent toujours plus

Alors que la production d’énergie renouvelable reste le premier débouché de la culture, la grande majorité de nos échanges ont porté sur les nouvelles solutions de paillage horticole et litière, ce qui coïncide avec les perspectives de développement de la filière. De fait, particuliers comme professionnels ont été séduit par les alternatives écologiques que le miscanthus offre dans ces domaines. Nous avons aussi été sollicité sur les usages industriels biosourcés (des parpaings pour le bâtiment et des pièces automobiles), un débouché aujourd’hui encore au stade de R&D.

Bien qu’il ne soit commercialisé que depuis une vingtaine d’années, le miscanthus est une source constante d’innovation du fait de son important potentiel de développement. Ainsi la Foire de Chalons a été l’occasion de présenter certaines de ces innovations. La coopérative Luzéal présentait ainsi sur notre stand ses nouveaux produits tel qu’un amendement végétal hybride à base de miscanthus et de luzerne, sa culture de prédilection.

Conclusion :

Nous avons été ravis de pouvoir répondre à vos questions et vos remarques. Si vous n’êtes toujours pas expert en miscanthus, pas de panique, on revient très vite ! Vous nous retrouverez à Paris pour le Salon de l’Agriculture en mars 2019 où on vous espèrera toujours plus nombreux. En attendant, n’hésitez pas à nous faire part de vos questions en commentaire ou via le formulaire de contact.